Merci donc à Alain qui est retourné faire quelques photos suite à ma demande pour vous illustrer une machine "mythique" de l'imprimerie j'ai nommé :
L'OFMI Garamont de chez Heidelberg.
Cela ne va rien vous dire et pourtant .....
C'est cette bécane qui pendant des années (encore maintenant) a servie à faire des en-têtes de lettres, des enveloppes, des cartes de visites... que sais je... des tas et des tas d'imprimés. Que cela soi en couleur ou en noir, une Ofmi est prête à démarrer dans le 1/4h qui suit !
D'ailleurs, Heidelberg... Gutenberg.... je trouve à tout cela une étrange ressemblance phonétique
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C'est une platine contrairement aux autres machines à imprimer, ce n'est pas un cylindre qui tourne au dessus des caractères
en enveloppant la feuille à imprimer mais une surface plate qui vient en contact de la forme.
La forme ? c'est justement ce que le conducteur typo est en train de saisir dans ses mains et d'introduire dans la machine sur la photo 13
La forme est en fait l'ensemble du texte formé par les caractères et serré dans un chassis. Le tout est donc positionné sur la machine pour impression.
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Mise en place de la forme à imprimer dans la machine.
C'est en fait cette partie jaune (sur la machine et non sur la forme) qui viendra pousser la feuille en contact des caractère pour donner l'impression. (photo 17)
On appelle cela l'habillage.
Il est constitué de feuilles de papier plus ou moins épaisses (je schématise) afin de donner une certaine souplesse à l'impression, vous comprendrez qu'il est impossible d'imprimer directement une feuille coincée entre les caractères de plomb et la platine qui doit être en fonte.
Au bout de plusieurs impressions... les caractères en plomb étant bien plus mou que la fonte, serait inévitablement écrasés.
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Pour imprimer il faut de l'encre bien sûr.
Le conducteur remplie donc l'encrier de la machine (suivant le nombre d'impression à faire) à l'aide d'une spatule.
De mémoire il s'agit de bleu dit "Bleu Bronze" (si ma mémoire est bonne...) c'est un bleu très "tenace" 'surtout sur les mains !
La machine n'a pas tournée depuis un petit bout de temps.. il y a de la poussière sur les rouleaux
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Il suffit de faire tourner à vide la machine pour que l'encre se répartisse bien sur l'ensemble des rouleaux.
Pour cela, un des rouleaux se "balade" c'est dire qu'il se décale de gauche à droite de quelques cm, rendant plus homogène l'encre sur ces derniers.
Ce que l'on ne voit en photo c'est l'encrage des caractères.
Les deux rouleaux montés sur "vérin" descendent lorsque la machine s'ouvre pour prendre le papier. En descendant ils donnent l'encre nécessaire à l'impression et remontent se "rechanger" en encre sur la "table" ce très gros rouleau en "inox". Pendant ce temps là, la platine se referme et imprime la feuille.
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Prise de papier par la barre d'aspiration.
Cette barre "donne" la feuille à une pince qui transporte la feuille à l'endroit exact de l'impression. On appelle cela le "repérage" !
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Les rouleaux remontent, la feuille descend pour l'impression.
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Quant la feuille est imprimée, la machine s'ouvre à nouveau, la pince (une sorte d'aile de moulin) dépose la feuille
alors que la seconde pince opposée prend une nouvelle feuille et que les rouleaux descendent à nouveau pour donner de l'encre sur les caractères..
Tout le monde suit ?
La feuille imprimée vient d'être déposée sur le chariot. La raquette inox empêche que le papier trop fin ne "flotte" !
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Le geste auguste du conducteur typographe sur platine Ofmi :
Je pousse sur la gauche pendant que je tire à droite (pour la mise sous pression)
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Dommage qu'on ne la voit pas de face mais de profil. On comprendrait mieux le système de bras en aile de moulin qui l'alimente en papier.
Toujours est il que la bécane est posée sur une plaque inox afin de récupérer l'huile qui coule.
Il faut dire que ce genre de mécanique fonctionne extrêmement bien, pas d'informatique embarqué comme ici au journal, donc pas de panne.
Juste un peu d'huile le matin en guise de café pour démarrer la journée...
Et voyez vous, depuis le temps qu'elle tourne celle là, elle est toujours là... toujours prête à imprimer, fidèle au poste !!!!!
Entre nous.. elle va en faire quelques milliers encore avant de rouiller !
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Merci Alain pour ce "retour en arrière" professionnel
